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 Qu'est-ce qui m'a pris un jour d'écrire des poèmes ??

 C'est ainsi...

 Je me sentais dans l'incapacité d'exprimer ce qui est au fond de moi. Mon père m'a dit qu'il  avait écrit des poèmes, j'ai voulu essayer.

 Pour moi, ce sont des poèmes-thérapie. Certains ont été douloureux à écrire. J'avais besoin  de mettre des mots sur certaines choses enfouies, indiscibles, secrètes, cachées. J'ai ressenti  certaines douleurs que je n'avais jamais ressenti avant.

 Puis le goût pour l'écriture est né, tout doucement...

 Le plaisir des mots...

 Alors je souhaite ici partager avec vous ce bout de chemin que j'ai fait dans ce travail sur moi  et mon histoire douloureuse... humblement... vers des horizons s'éclairant...

 Toutes vos réactions, commentaires et sentiments sont les bienvenus !

 Mes poèmes

 Ma mère

 Mon père

 Beau-père

 Effractions

Mes secrets

Dieu

 

 

 

Ma mère

 

Grande, vaste, perfide,

Mon tout, mon vide

Elle m’a accueillie

Puis m’a ensevelie

 

Mon âme est perdue

 

Mon amour premier

Mon indifférenciée

Moi….elle….moi

Ma folie, quel émoi !

 

Elle a tiré à vue

 

Océan infini, immensité

Ma terre, ma planète, mon univers

Cruelle luminosité

Qui m’a rongée comme un ver

 

Naissance de ma mort

 

Désir ardent d’une

Mère, fantôme !

Désespoir de cette lacune

Maternelle qui chôme

 

Maman, voilà ton tort

 

Bébé silencieuse, sans mots, sans pleurs

Duplicata de la mort incarnée

Absorbant angoisses et peurs

Quelle aubaine pour ma mère sans parenté

 

Maman, je t’accuse haut et fort !

 

Le mal que tu m’as fait

Les humiliations quotidiennes

Les paroles de rejet

Les gestes obscènes

 

Cela est ma mère

 

Sa bouche est une bombe invisible

Ses yeux des fusils désintégrants

Ses mains des prothèses désarticulées sans cible

Son corps une peau érotisée à tout moment

 

Mère dure, impitoyable, fière

 

Juger

Tout acte, geste, mot, mouvement

Dominer

Toute relation, envie, élan

 

Triste mère à multiples facettes

 

Et la dernière à révéler

La plus intime, violente, destructrice

Celle qui envahit, brise, mortifie ; hurler

Au vampire ! À l’assassin ! À la prédatrice !

 

Mère incestueuse ! Tueuse d’'âme ! Comme une bête…

 

Vide intérieur, souffrance ultime

Reproduite sur la chaire de sa chaire

Apaisement temporaire mais crime

Invisible, sans trace ; Facile à taire !

 

Mère inconsciente, négationniste… Facile !

 

Aucune reconnaissance

Mon frère seul existe

Je suis la méchante, il est l’être parfait de naissance

Seule je suis, triste…

 

Ma maman idéale ?

 

Lors de chutes, douce et rassurante

Le soir, câline et affectueuse

Le matin, aimante et présente

À la promenade, souriante et joyeuse

 

Utopie ? Idéalisme ?

 

Cela n’a pas été ma vie…

 

Vie sans mère

 

Vie amputée

 

Telle est ma vie…

 

Mon père

 

Un père, on en a qu’un

Mais il compte pas pour rien

Moi, j’en ai eu trois

Ils auraient pu être mes rois

 

Un seul j’ai appelé « papa »

Mais il a osé pas à pas

S’éclipser, disparaître

Et ne plus reparaître

 

Son absence est toujours présente

Comment remonter la pente ?

Amour, trahison, haine, mépris…

Souffrance et douleur, c’est ma vie…

 

Je ne le connais pas

Je ne me connais pas,

On se croise, on se parle

Mais c’est le vide qui encore parle

 

Crier, hurler ; gémir, pleurer

S’abandonner, désespérer

Est-ce la seule issue ?

La seule voie à vue…

 

Papa… je t’aime

Mais je te déteste et te hai…me

Ne disparaît pas, existe !

S’il te plaît, résiste !

 

Bas-toi, défends-toi

Montre-moi d’où je viens en toi

S’il te plaît, vis

Pour que moi aussi

 

Je puisse VIVRE…

 

Beau-père

 

Beau ? Qui a dit beau ?

Moi ? Toi ? Eux ? Vous ?

Qui pense ? Qui ressent ? Ces eaux…

Cette mère… elle rejoue, déjoue

 

Manipule, provoque, séduit

Que veut-elle de moi ?

Que refuse-t-elle avec lui ?

Que dois-je faire, moi ?

 

À sa place, à ma place…

Horreur, je tremble, tremble…

Pleure, crie, non, c’est la glace

Je ne veux pas, mais il semble…

 

Je n’ai pas le choix, j’ai peur…

Il veut, quoi ? Je ne sais pas….

Mais il veut, je dois, quelle sueur…

Mes cellules… ça n’en finit pas…

 

Pour toujours, à jamais

La gorge nouée, les larmes qui fuient

La rage en dedans mais

Le silence parce que lui

 

Lui, mon protecteur, mon bienfaiteur

Mon père de substitution

Lui que j’aimais, mon tueur

Mon amant, mon amour de finition

 

Ca fait mal, ça détruit, c’est fini

Plus jamais cette chose,

Elle est à moi, plus à lui

J’ai envie d’une pause

 

Ma vie sans lui, c’est ainsi

Il m’a eue, il est parti

Je suis restée pour faire comme si

Tout va bien, quel pari !

 

Abus, abandon, à boire, au secours !

Effraction, fractionnée, morcelée je suis

Moi, toi, lui, nous… quelle différence, je cours !

Ne pas entendre, ni voir, ni regarder, je fuis…

 

Surtout ne pas sentir, rien

Je suis une coquille vide

Cela je l’ai décidé, c’est bien

Même sur mon nombril c’est un bide !

 

Forteresse : protège mon âme !

Sauve-moi de mes faiblesses

De mes amours, de mes désirs infâmes

De leurs inconscientes politesses

 

Au fond de mon cœur-corps blessé,

Mépris, dégoût, vomissures

Pour vous, messieurs. Assez

J’en ai eu de vos brûlures

 

Venez, attirés que vous êtes par ma féminité

Vos instincts insatisfaits avec vos dames

Venez les combler avec ma virginité

Aucun risque pour votre femme

 

Inceste, voilà le mot tranchant

La vérité, je vais la dire

Elle est là, visible et audible sous le chant

Joyeux de la mascarade de la mire

 

Narcisse, tout est beau, mon joli miroir

Mais l’abus le brisa,

La complicité maternelle qu’on ne peut pas croire

Alimenta le déni de l’acte renégat

 

Comment retrouver confiance ?

Méfiance, refus, perversion, mépris

Voilà la leçon apprise religieusement dans mon enfance

C’est à moi de faire le tri

 

Mes rêves de petite fille brisés

Mes désirs de femme éteints

Une nouvelle vie à inventer

Une nouvelle voie à trouver, pour mon bien

 

Amour, joie, confiance, création

Un chemin pour ma vie blessée

Le mien, sans concessions

Pour mon bonheur et le partage du vôtre aussi cassé

 

C’est ma vie…

 

Effractions

 

 

À 4 ans

 

Cet homme mince et grand

Dans le hall de l’immeuble

Patiemment attendant

De croiser mon âme faible

 

Puis le moment tant attendu

Enfin arrivé, par malheur…

M’emmenant de force, moi tendue

Dans une poussette, envahie par la peur

 

Local sombre, témoins vélos et poussettes

De mon agression muette

Il m’embrasse à pleine bouche

Moi immobile, sidérée dans ma couche

 

C’est enfin fini, je suis libérée

Mais mon âme fractionnée

Mon esprit choqué

Se souviendront, à tout jamais marqués

 

 

À 12 ans

 

Innocence de la pré-puberté

Insouciance de la confiance aveugle

Pas de père, mais un beau-père prêté

Qui, Avec l’impensable, jongle

 

Ma mère le délaissait, il m’aimait

Je lui ressemblais tellement…

Puis un jour, sur son lit défait

Le coupable m’attire et me ment

 

Mon slip pour seul vêtement

Son slip pour seule pudeur

Il me caresse tendrement

Mais seul m’envahit la peur !

 

Je ne suis pas à ma place… !?

Que fais-je là ?? Avec lui ?

Que fait-il ? Ce sentiment qui me glace … ?

Que se passe-t-il ? Je reste ou je fuis ?

 

Totale incompréhension de ce que je ressens…

Mais l’appel du dehors est plus fort !

Que faire ? Ca va finir… ? J’attends…

Pour m’enfuir au dehors…

 

Il m’aimait

J’étais sa préférée

Il se sentait abandonné

Je le consolais

 

Mais la trahison fut sa seule réponse

La blessure profonde comme seule récompense

Puis l’abandon de sa fille d’adoption

À moi de vivre avec l’effraction

 

 

À 16 ans

 

Il était comme mon frère

Me désirait comme un amant

Voulait me faire découvrir la terre

Et ses plaisirs, intimement

 

Moi, immobile, fermée, observant

Lui, curieusement m’explorant

Non, je ne ressens rien

 De toute cette sensualité ne veux rien

 

Je ne le désirais pas

Il me voulait

Je n’étais qu’un appât

Peu importaient mes souhaits

 

J’ai observé, curieuse de ces choses du corps

Je ne comprenais pas… du désir ?

Mon corps ne ressent rien, ai-je tort ?

Je voulais savoir…, ressentir…

 

 

À 18 ans

 

Mon faux-frère, toujours amoureux !

Me désir et me veut

Un voyage à Paris

Tel était son pari

 

3 jours… dormir chez une amie…

Le soir, un divan déplié fait office de lit

Moi à gauche, lui à droite

Comme deux frères qui s’emboîtent

 

Puis la nuit s’annonce, paisible et douce

Mais soudain quelque chose pousse

Veut s’enfiler, pénétrer

Ses doigts veulent entrer

 

Mon corps ? À qui appartient-il ?

À celui qui le touche ? Il n’est pas mien…

Je n’ai aucun droit ! Que fait cet homme vil ?

Il s’approprie ce qui n’appartient à personne, tiens !

 

Je n’ai qu’un seul droit : me laisser toucher

Qui le veut le peut !

Il entre dans mon vagin, je suis couchée

Mon corps réagit : c’est bon… mon dieu !

 

Je suis complice, mon corps aime…

Mais je n’ai rien choisi

Mon corps seul réagit, même

Si mon âme en est cramoisie…

 

Suis-je coupable de ne pas avoir dit non ?

Suis-je coupable d’avoir pris du plaisir de mon corps ?

Suis-je complice de l’acte immonde mais quelque part bon ?

Où était mon désir ? Suis-je responsable encore ?

 

Non, non, non et non ! Voilà la vérité :

Abus de confiance, de soumission, de mal-être

Abus de mon corps incertain et soumis en vérité

Victime de mon éducation, mon incertitude à être

 

Voilà la vérité !

 

 

À 20 ans et plus…

 

Mon corps ne m’appartient pas

Et ne m’a jamais appartenu

Aucun désir, aucun sentiments, aucun émoi…

Je ne suis pas comme tout le monde, perdue

 

Je drague, je provoque, je cherche

Je dois faire comme les autres

Coucher, ne plus être vierge, moi la grande perche

Comme tout le monde, normale, pour être des vôtres

 

Je ne suis pas amoureuse, ne vous désire pas, messieurs

Mais une femme doit aimer un homme

Alors je fais semblant et invente un nouveau jeu

Celui de moi avec un homme, puis des hommes

 

Mon corps ne m’appartient pas ? alors je vais le vendre

De l’argent facile, rien ne me touche !

Moi et mon corps : deux choses différentes ! Prendre,

Donner, mon corps est là qui se couche

 

Je suis l’ombre de moi-même mais ne m’en rend pas compte

Je voudrais ressentir… Mais rien !

Ressentir ? Je ne connais pas ce mot, ce joli conte

Ce n’est pas ma vie, seul le vide vient

 

Puis je me ressaisis, je pars, le laisse seul

Il ne comprend pas, pourquoi ?

J’ai besoin de me retrouver, me ressaisir, seule

Minuit ? Deux heures ? Je rentre ! Pas de pourquoi !

 

C’est comme ça, c’est tout ce que je peux donner…

Ce n’est pas moi, mon désir intime

C’est la société, la dictature, la normalité

Moi je suis différente, je ne veux plus être un mime

 

Je suis différente, c’est ainsi

Je n’ai pas choisi, c’est comme ça

Personne n’a le droit de me juger pour ça

Je veux vivre comme je suis

 

Libre dans ma différence… !

 

Mes secrets

 

Il était une fois

Une petite fille très sage

Mais pour qui la voie

Dans cette nouvelle page

 

Était celle du silence

 

Voir, observer, regarder…

Dévisager, comprendre, déduire…

Mais se taire et pleurer

Pour protéger sans fuir

 

Toujours je guéris et panse

 

Être là, immobile, présente

Seulement là pour…

Écouter, approuver, je tente

D’exister, mais pour toujours

 

Je guéris, soigne et panse

 

Qui me raconte cela

Qui me confie ceci

Et j’accumule tout ça…

Et ne sais par quel raccourci

 

Me guérir, me penser sans hanses

 

Relier les bouts de moi-même

Que chacun a mis chez moi

Je me sens perdue, je sème

Où est mon toit ?

 

Moi, toi, soi… je danse…

 

Qui est à moi ?

Quoi est à vous ?

En moi se trouve la proie

Qui malgré tout se dévoue

 

Et vit de ce pain rance

 

Maigre pain qui me nourrit

Grâce à lui je survis

J’explose et jouis

Oui, oui, oui encore oui

 

Dites-moi tout, que je pense

 

Plus je pense et plus je panse

Ca me fait vivre, je jouis !

Mais ç’est une transe

Quel fouillis !

 

Comment vivre et prendre du sens ?

 

Trier, garder et jeter…

Voilà la solution ultime, finale

Ca c’est à moi, protéger

Ca c’est à eux, ancien régal

 

Aujourd’hui, je peux et m’en dispense

 

Vos secrets, gardez-les pour vous

Mes secrets sont à moi

Tout est différent, moi et vous

C’est ma nouvelle loi

 

C’EST MA NOUVELLE LOI

 

Dieu

 

Mystère insondable; pureté parmi toutes

Sa grâce surprenante est incompréhensible

La terre, le ciel, les oiseaux bleus : tous visibles

Et pourtant l'invisible est son chemin, sa route

 

Passion, amour, extase : prémices terrestres,

Douceur, satin, caresses, sensibilité,

Volupté sans fin, plaisir, sensualité

Duperie d'apaisement par le faux Maistre

 

Seule la Vérité peut assouvir mon âme

Perdue, assoiffée par l'appel intérieur

Aide-moi! Moi qui suis une terrienne infâme

 

Réponds-moi! Le diamant est caché, voilé

Me faut-il devenir ascète ou bien prieur

Pour entrevoir le secret enfin dévoilé ?

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